Il attendait. Observait le vide.
Il ne savait plus combien de temps s’était écoulé depuis la dernière fois qu’il avait vu le soleil briller à l’extérieur. Il ne devait plus probablement savoir d’ailleurs ce qu’était devenu cet astre. Tout lui était devenu si abstrait dans son esprit désormais. Si flou.
Ce fût un lent dérèglement d’une horloge bien trop huilée, bien trop précise qui précipita sa chute. Tout était trop bien organisé dans son existence. Tout était trop bien planifié. Tout était trop bien choisi.
La gestion de ses angoisses, il avait toujours essayé de tout gérer, tout anticiper, tout deviner.
C’était de toute façon une course inutile et sans but, car c’était comme courir après le brouillard, courir après son futur qui lui était insaisissable.
Son passé était quant à lui dans un purgatoire émotionnel. Rien ne semblait lui venir. Il n’avait juste pas, plus accès à ces moments. Le quotidien les avait purement et simplement broyés.
La monotonie avait effacé, érodé, peu à peu les jours qui s’étaient transformés en années. Années qui s’étaient à leur tour transformées en absurdités temporelles et indéterminées.
Il avait attendu longtemps, un évènement impromptu, quelque chose qui pourrait réveiller sa vie. Rien ne vint.
Il avait longtemps pesté, haï le monde et le hasard contre ces rêves inaccessibles, contre la vie qui ne lui avait rien proposé d’autre que le quotidien sans fard, sans relief, comme si la vie lui devait un “quelque chose”.
Il n’était pas un saint de toute façon, rien ne l’avait proprement excité, rien ne lui avait donné envie de voir plus loin.
Les seules amourettes vécues d’ailleurs, n’en étaient pas vraiment. Des malentendus de corps au mieux, qui s’entrechoquaient, paresseux et oubliés aussi vite que le maigre orgasme de l’acte était inutile.
Alors, la lumière orangeâtre lui semblait comme une amie rassurante. Il était fasciné par cette lumière qui se projetait et entourait la pièce. Elle lui semblait comme un cocon sécuritaire et absolu.
Un lieu pur et qui lui permettait pour quelques courtes secondes de s’oublier.
Oublier cet état d’apesanteur émotionnelle. Car autour rien ne bougeait. Tout était figé. Le monde s’était comme “arrêté”.
Pourquoi était-elle d’ailleurs partie cette joie de vivre?
Essai d’ambiance - 2012